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Vous imaginez déjà Nardo à l'assaut des sentiers de la cordilière, pataugas au pieds, ce qui chacun le sait, améliore une silhouette déjà alourdie de cookies grignotés au long des mois d'un exercice sédentaire?

Paaaas du tout.

Avant le départ  Nardo se livre à quelques préliminaires utiles, envois de factures, de chèques, de rappels, qui lui permettront après un coup-d'oeil à la balance comptable qui s'en dégagera, de choisir Romorantin ou Ulan Bator, Vierzon ou Copacabana,  Miami ou Les Goudes, mojito ou pastis 51.

Et c'est l'incident. Après une première période très favorable pour l'équipe Nardo, l'impondérable, l'imprévisible se produit: ça ne colle pas. Le succès de l'opération repose en effet partiellement sur une plaquette de 10 timbres à 0.90cts, voir l'illustration ci-dessus.  Au deuxième condor dégommé, Nardo décide de mettre à profit cette fin de matinée estivale pour rejoindre la file d'attente au guichet n° 2 de la poste et échanger ses condors défectueux . La double chicane installée devant le comptoir est la promesse de ¾  d'heures d'échanges constructifs sur la difficulté de garer sa voiture sans choper des prunes, le temps qui est plus lourd qu'hier mais sans doute moins que demain, et le déclin du service public. Bref, la vie quoi...

Les plaisirs de la conversation n'empêchent pourtant pas Nardo d'évaluer le fort schlintement qui monte depuis le comptoir, il est vrai que opération, affranchissement, colissimo sont autant d'occasions de riper, et ne facilitent certainement  pas la vie quand on a grandi dans la période pré-orthophonique. Par enchaînement d'idées sans doute, Nardo, engagé dans sa dernière ligne droite, en vient à se demander où il a bien pu ranger son kit grippe, reçu pour la dernière, l'aviaire, alors que nous entrons dans la période de tous les dangers selon notre ministre R&B entièrement dédiée à la gestion de la crise et des stocks de tamiflu.

Enfin, Nardo bien à l'abri derrière la vitre, peut demander candidement au postier du guichet N°2 d'échanger ses 10 timbres inutiles mais jolis, acquis pour la somme de 9 euros, contre de plus efficaces. Las! L'employé est intransigeant,et son discours argumenté:

  • ça colle pas? Comment vous voulez qu'on le sache on peut pas y mettre la langue derrière.

  • vous z'avez qu'à y mettre de la colle

  • les timbres on les reprend pas

  • C'est pas nous qu'on les fabrique

Nardo s'en retourne donc, Gros-Jean comme devant, non sans avoir pris à témoin tous les clients du bureau de poste de l'abus de confiance que constitue la vente de simples images ornithologiques, trop petites de surcroît si on veut bien profiter des détails du plumage, au prix prohibitif de 0.90 cts pièce.

Nardo dispose donc à ce jour, d'une plaquette de vignettes assez dégommées pour faciliter le rangement en album par un philatéliste aux mains moites, ou pour  récompenser des enfants, choix judicieux surtout si on a aussi quelques Blériot à 0.56 cts, des Auguste à 0.55cts, favorisant ainsi  l'émulation, et le développement d'aptitudes au marchandage, racket, et  intimidation chez nos chères têtes blondes, ou enfin pour lancer un concours de design packaging qui permettrait la vente des oiseaux munis d'une cartouchière de colle uhu stick.

 

Bonnes vacances, nous attendons vos cartes postales... Retour fin août.