La mobilisation massive des orthophonistes, enseignants en orthophonie et étudiants du 15 novembre a été bien entendue par les deux ministres !
La journée d’action nationale du 15 novembre dernier a montré à nos ministères de tutelle que la formation initiale des orthophonistes est au cœur des préoccupations de tous et que tous les professionnels ont conscience des conséquences désastreuses que pourrait avoir une dévalorisation de nos études sur notre exercice professionnel.
Lors de la réunion interministérielle du 16 novembre, la représentation importante de nos deux ministères de tutelle montre l’importance que cette action signifie pour eux et les discours de chacun se voulaient rassurants et apaisants. Malheureusement :

Le groupe de travail interministériel du 16 novembre : la déception et la crainte !
La réunion du 16 novembre dernier est la première d’une série qui devrait normalement s’achever fin mai 2006.
Le premier objectif acté par la lettre du ministre de la Santé du 7 novembre dernier n’a pas été tenu : « le ministère de la Santé élabore avec la FNO le cahier des charges pédagogiques permettant la formation des orthophonistes, prenant en compte le travail déjà effectué par le groupe de réflexion réunissant la profession ».
La composition même de ces réunions interdit une progression rapide de l’examen de notre dossier.
En effet, participent aussi les représentants des orthoptistes qui ont eux aussi un cursus universitaire, ce qui rend difficile, voire impossible, un travail spécifique à notre profession  sur le cahier des charges pédagogique de notre formation initiale.
Les représentants des ministères ont présenté la méthodologie de ce groupe de travail interministériel et ont souhaité connaître la position de chacun sur l’avenir de la formation initiale de sa profession. Les professionnels (représentants de la FNO et de la FOF), les directeurs des centres de formation, les futurs professionnels ont été une fois de plus unanimes : un master professionnel pour tous les orthophonistes.

Aucun véritable travail n’a ce jour là été amorcé. Les représentants des deux ministères ont souhaité que pour la prochaine réunion prévue en janvier 2006 soit présenté un « état des lieux » de chaque profession (données démographiques, type d’exercice, formation initiale actuelle, futur de la formation). Les documents correspondants sont depuis bien longtemps entre les mains des ministères, rédigés par la profession et le groupe de travail. Alors ?

Lors de cette réunion, le projet finalisé du master professionel en orthophonie a été ignoré, occulté. Pourquoi attendre ? Pourquoi refuser de l’examiner ?
Les ministères de la Santé et de l’Education nationale auraient-ils eux aussi un projet d’harmonisation des cursus des professions paramédicales ? A quel niveau ?
La question sur la durée de notre futur cursus de formation reste en suspens. Tant que nos ministères de tutelle n’y répondront pas, tant que nos inquiétudes quant à une proposition ministérielle d’une formation en 3 ans subsisteront, il nous faudra rester encore et plus que jamais mobilisés !
A l’heure où les autres pays européens francophones voient les études d’orthophonie passer au niveau du master, à l’heure où fleurissent les masters professionnels en sciences humaines spécialisés en pathologies langagières, nous ne pouvons rester en arrière, il en va de l’avenir de notre profession.

Oui, l’orthophonie est en danger…Oui, nous devons continuer à nous mobiliser !